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Carlos Gomes, directeur général de BYmyCAr

vendredi 23 juillet 2021, par Christophe Bourgeois

Carlos Gomes : « La voiture électrique est une transformation dictée par la réglementation mais pas plébiscitée par les consommateurs »

Ancien dirigeant de Fiat France, puis patron de l’Amérique latine et ensuite de l’Asie pour le groupe PSA, Carlos Gomes, homme d’automobiles, est passé de l’autre côté de la barrière. Il a en effet rejoint en tant directeur général de BYmyCar, l’un des plus grands distributeurs automobile en France. Ce dernier commercialise 85 0000 véhicules par an. Discussion autour des services que proposent les concessionnaires aux professionnels et l’avenir des énergies dites alternatives.


KMS : Quel est votre parcours ?
C. G. : Cela fait trente ans que je suis dans l’automobile. Pour résumé, j’ai commencé dans la distribution puis je me suis occupé de Fiat France pour ensuite prendre la tête de l’Espagne et du Portugal. J’ai par la suite rejoint le groupe PSA pour m’occuper de l’Amérique latine puis de l’Asie. J’ai intégré BYmyCar en tant que directeur général depuis un an.

KMS : Nos lecteurs ne connaissent pas forcément BYmyCar. Pouvez-vous nous présenter l’entreprise que vous dirigez ?
C. G. : Le groupe BYmyCar a été créé en 2009 par le président actuel, Jean-Louis Mosca. L’aventure a commencé en 1994, à Albertville (73), par une concession Fiat qui vendait 120 véhicules neufs. Aujourd’hui, nous représentons 17 marques automobiles*, nous sommes présents dans 85 points de vente** et nous commercialisons 47 000 véhicules neufs et 38 000 véhicules d’occasion. Nous prévoyons de réaliser en 2021 environ 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui nous place parmi les trois plus gros distributeurs automobiles en France. Notre groupe emploie 2 700 collaborateurs. Nous avons pour ambition de devenir un acteur européen important car notre stratégie est d’atteindre les 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Cela passera notamment par un développement à l’international, dans un premier temps en Europe du sud.

KMS : Que représentent les ventes aux entreprises dans votre activité ?
C. G. : Les sociétés représentent environ un tiers de nos ventes. Nous travaillons avec les acteurs économiques locaux où nous sommes présents mais également avec les sociétés de leasing.

KMS : À l’heure où les constructeurs parlent beaucoup de la digitalisation des ventes, quelle est aujourd’hui la place d’un concessionnaire selon vous ?
C. G. : Dans mes anciennes fonctions, j’ai notamment travaillé sur la digitalisation commerciale. Et chez BYmyCar, je peux vous dire que cela marche. Nous avons par exemple vendu plusieurs milliers de voitures pendant les différentes périodes de confinement alors que nos points de vente étaient partiellement fermés. Pour arriver à un tel résultat, nous avons mis en place des outils CRM, développé la digitalisation du parcours client, formé nos commerciaux, travaillé nos méthodes de vente, etc. Ceci étant dit, le réseau est indispensable pour bien vendre. L’expérience de découverte de la marque ou du produit passe quasiment obligatoirement par une visite dans la concession avec un accompagnement physique.

KMS : Doit-elle proposer encore plus de services ?
C. G. : Bien sûr. En Europe, le marché automobile a grimpé jusqu’à 17 millions de véhicules par an, mais je ne crois pas qu’il retrouvera ce niveau, même lorsque nous serons sortis de la pandémie. Le véhicule d’occasion va également connaître une baisse, tout comme l’après-vente qui va souffrir avec le développement des voitures électriques, ces dernières demandant moins d’entretien. Il faut donc que la distribution automobile se réinvente et cela passe notamment par la commercialisation de services de mobilité. Notre holding a par exemple acheté en automne dernier la plateforme de VTC Marcel au groupe Renault. Jusqu’à présent en région parisienne, nous la développons à Lyon, sur la Côte d’Azur et ailleurs.

KMS : Qu’entendez-vous par « services de mobilité » ?
C. G. : Je parle avant tout de services motorisés. Qu’ils soient thermiques ou électriques, à quatre ou à deux roues, ils resteront motorisés, car c’est notre cœur de métier. Cela passe par de la location courte durée par exemple, des services de VTC comme Marcel, des abonnements à des forfaits kilométriques, ou plus classiquement, par l’acquisition via des offres de financement innovantes. L’ancrage dans l’économie locale que possède notre réseau est pour nous essentielle dans le développement de cette nouvelle mobilité, car cette connaissance du client et de son environnement nous permettent de proposer des services adaptés à ses besoins.

KMS : Concernant la voiture électrique, observez-vous une demande de la part de vos clients ou êtes-vous incités par les constructeurs à promouvoir cette technologie ?
C. G. : (sourire) La réponse est dans la question. Nous vivons actuellement une transformation dictée par la réglementation mais pas plébiscitée par les consommateurs. Ces derniers s’inquiètent sur trois points : les fonctionnalités des produits mis sur le marché, notamment l’autonomie, leurs prix et les infrastructures. Sur ces thématiques, le prix est moins un problème, car les constructeurs travaillent sur les TCO et nous arrivons à des coûts très proches, voire similaires, à ceux d’un modèle équivalent thermique. C’est le cas par exemple des Peugeot 208 et e-208. Mais il est vrai que l’électrique ne correspond pas à tous les usages et que les infrastructures ne répondent pas à toutes les attentes des consommateurs.

KMS : Et les hybrides ?
C. G. : Qui aurait cru il y a cinq ans que les ventes de modèles hybrides et hybrides rechargeables allaient dépasser celles des modèles diesel ? Pour autant, c’est pour moi une technologie transitoire.

KMS : Quant à l’hydrogène ?
C. G. : L’hydrogène est une technologie très intéressante, mais c’est économiquement très compliqué pour un constructeur automobile de travailler en parallèle sur deux solutions, comme le sont la voiture électrique à batterie et la pile à combustible. Je serai tenté de penser qu’il faudrait dans un premier temps bien développer l’écosystème de la première avant de s’attaquer à la seconde.

KMS : Face à la situation économique, les entreprises se tournent de plus en plus vers le véhicule d’occasion. Quelles solutions proposez-vous ?
C. G. : Nous avons récemment créé une business unit sur le VO. Nos ambitions sont d’ailleurs très fortes, car d’ici 2025, nous comptons vendre 100 000 véhicules. Nous avons d’ailleurs recruté Rachid Marzuk, qui a eu des fonctions importantes depuis de nombreuses années chez Peugeot liées à l’activité VO. C’est effectivement un marché en pleine expansion pour les distributeurs automobiles car nous sommes à même de proposer de la valeur ajoutée, à savoir des services et des garanties, des thématiques fortement plébiscitées par les entreprises.

KMS : En tant que distributeur, quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs ?
C. G. : En premier lieu, je me poserais la question concernant les objectifs que je souhaiterais atteindre avec ma flotte. À quoi sert-elle ? À qui est-elle destinée ? Comment va-t-elle être utilisée ? Quels sont les coûts, etc ? Ensuite, je trouverais le bon interlocuteur qui pourra m’accompagner dans la réalisation de mon objectif et qui connaitra l’environnement dans lequel j’évolue ce qui est la force des concessionnaires, eux aussi acteurs économiques sur leur territoire. Enfin, je regarderais les solutions alternatives qui s’offrent à moi. Aujourd’hui, les services de mobilité permettent aux chefs d’entreprise d’avoir beaucoup plus de souplesse dans la gestion et l’optimisation de leur flotte.

Propos recueillis par Christophe Bourgeois

* Le groupe BYmyCar distribue Abarth, Alfa Romeo, Audi, BMW, Dacia, Fiat, Ford, Mercedes, Nissan, Opel, Peugeot, Renault, Seat, Skoda, Smart et Volkswagen
** Principalement en région ex-Rhône-Alpes, dans le Grand Est et dans le Vaucluse, les Alpes Martines et la Seine-et-Marne.

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