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La “carte carburant” : double enjeu stratégique pour les entreprises et pour les distributeurs

mercredi 17 octobre 2012, par François Lessage

Véritable “couteau suisse” de la gestion des véhicules d’entreprises, la carte carburant est désormais un enjeu majeur de la concurrence GMS / pétroliers.


Douée de multiples fonctions, la carte carburant est pour le suivi des véhicules des entreprises, une sorte de couteau suisse. La première fonction, la plus évidente, est bien sûr la gestion des enlèvements de carburant en station, éventuellement associée à la gestion des péages et parkings, deux lignes budgétaires importantes par leur montant, et qui de surcroît imposent une comptabilité fastidieuse quand elles sont gérées en interne, y compris pour les utilisateurs des véhicules.

Factures

Mais la carte carburant présente aussi l’avantage de la déclaration récurrente de kilométrage lors des enlèvements, kilométrage qui permet de suivre l’utilisation de chaque véhicule et de programmer ainsi beaucoup plus aisément sa maintenance et son remplacement. Comme elles sont propres à chaque réseau de distribution, les cartes carburant supposent de sélectionner un fournisseur et sauf risque de panne sèche imminente de ne pas se fournir ailleurs.

Il en résulte naturellement un effet induit de fidélisation de la clientèle des entreprises, ce qui n’est pas sans incidence dans la concurrence que se livrent les GMS et les réseaux dits “traditionnels” qui pendant une trentaine d’années se sont partagé ce marché. Mais depuis cinq ans Auchan et Leclerc rejoints depuis par Intermarché ont lancé chacun leur propre carte carburant.

Signe des temps, des loueurs, qui jusqu’à un passé récent ne travaillaient qu’avec les cartes des pétroliers, proposent désormais aussi des cartes de réseaux GMS. L’an dernier, Leclerc avait conclu un accord avec Arval et il vient de signer récemment avec la Diac. De son côté, Intermarché se dit aussi en discussion avec des acteurs de la LLD.

Les GMS : 5000 stations et 62% du marché !

Quand elles ont commencé à vendre du carburant, les GMS visaient en priorité la clientèle des particuliers, avec l’objectif notoirement assumé de remplir les réservoirs pour mieux remplir les caddies. En 1980/82 elles comptaient 1500 stations qui distribuaient déjà 12% du volume global, mais les réseaux traditionnels qui à l’époque avaient une pompe à tous les carrefours (on dénombrait environ 40.000 stations) vendaient encore les 88% restants. En 1985, la libéralisation des tarifs de carburants a ouvert le marché à une logique de prix “attractif” qui ne s’est jamais démentie depuis.

pistolet essence

Aujourd’hui, les GMS comptent près de 5000 points de vente qui réalisent 62% du volume, alors que les réseaux traditionnels ne peuvent plus compter que sur 6500 points de vente pour sauvegarder leurs 38%. Encore faut-il considérer dans ces 38% la résilience du marché des entreprises dont les collaborateurs, qui font le plein pendant les heures travaillées, ont tendance à aller au plus près, sans sortir de leur parcours ou de l’autoroute, en bénéficiant de services (boutiques, toilettes, machines à café…) qui permettent de sacrifier rapidement et efficacement au rituel de la pause, sans s’aventurer dans les zones commerciales.

Va-t-on à terme, vers l’inéluctable ? Rien n’est moins sûr car les pétroliers réagissent sur le terrain où on les attendait le moins : la guerre des prix ! Après les réseaux low-cost de Esso Express, puis de Elf, Total a lancé en septembre 2011 un nouveau concept : les stations “Total Access” où selon le slogan de campagne… “seuls les prix changent, et ça change tout” . Ces stations Total Access doivent être 600 à la fin 2013 et les prix affichés actuellement dans les 180 stations déjà opérationnelles sont effectivement très concurrentiels.

Les cartes, comment ça marche ?

Le fonctionnement des cartes carburant est d’une fiabilité éprouvée. Chaque carte est identifiée à un véhicule ou à un utilisateur et un code secret vérifié en ligne protège cet utilisateur et l’entreprise d’une utilisation frauduleuse. Pour les véhicules de service, utilisés par plusieurs collaborateurs, peut s’ajouter soit une seconde carte, identifiée au véhicule, soit un code spécifique à chaque utilisateur.

Stations services en France

Pour chaque carte, l’entreprise cliente a la possibilité de paramétrer la nature du carburant autorisé : gazole, super 95, E85 ou GPL, de limiter le litrage et le montant des enlèvements, d’empêcher deux enlèvements le même jour, d’interdire les enlèvements le week-end, ou en dehors de certains horaires ou de certaines zones géographiques… Bref le risque de débordement est extrêmement limité, pour ne pas dire verrouillé, d’autant que la carte carburant n’est pas une carte bancaire, elle ne risque pas servir à régler une facture de palace ou à offrir un collier de perles.

Au plus, peut-elle, et si l’autorisation a été paramétrée en conséquence, valider un achat en boutique de station ou en centre auto, genre bidon d’huile, ampoule de phare, liquide lave-glace, sandwich et boisson, ou un lavage au portique, mais le tout pour un maximum convenu.

Facturation et reporting

Les cartes carburant ne sont d’ailleurs pas de réels instruments de paiement, leur utilisation s’apparente davantage à une signature électronique de bons de livraison dématérialisés, lesquels servent ensuite au distributeur pétrolier à éditer sa facture, souvent numérique, mensuelle ou bimensuelle selon les dispositions commerciales convenues avec l’entreprise cliente.

Le chef d’entreprise ou son gestionnaire de parc dispose ainsi régulièrement d’une parfaite lisibilité comptable puisque cette facture précise clairement qui a retiré du carburant, combien, quel jour, à quelle heure, à quel endroit, pour quel véhicule, à quel prix au litre, pour quel montant….

Grâce aux vertus de l’informatique, les enlèvements peuvent même être suivis en temps réel ce qui permet au besoin à la direction de l’entreprise de désactiver ou réactiver chaque carte à l’envi ou d’en modifier les paramètres, instantanément et 24/24h. La facturation fait aussi le tri des différents carburants et de leur affectation (à des VU ou des VP) ce qui facilite aussi considérablement la récupération de TVA.

Le kilométrage : information vitale

L’utilisation de la carte carburant apporte une autre information essentielle : le relevé périodique du kilométrage de chaque véhicule que l’utilisateur est tenu d’indiquer en station à chaque enlèvement et qui est bien sûr retranscrit dans le reporting. Et là on comprend que les loueurs insistent toujours pour intégrer le “service carte carburant” à leur business, se proposant au besoin de consolider le reporting quand l’entreprise recourt à des cartes de plusieurs réseaux de distribution.

Grâce à ce relevé régulier du totalisateur kilométrique, les loueurs disposent d’une information capitale pour le suivi du véhicule et du contrat de location. Certes c’est du “déclaratif”, le caissier de la station ne sort pas sur la piste pour aller vérifier, on n’est donc pas à l’abri d’une erreur ponctuelle. Toutefois, la répétition à chaque plein, c’est-à-dire souvent hebdomadaire ou au moins bimensuelle de cette information kilométrique, permet de cadrer d’assez près l’usage du véhicule pour lancer deux types d’alertes essentielles : les échéances de maintenance et les dérives de contrat de LLD.

Si le loueur gère les cartes carburant, il ne risque plus de découvrir trop tard que tel ou tel véhicule a oublié la révision des 30.000kms, ou a déjà parcouru 45.000kms en un an alors que son contrat de LLD prévoit 100000km en 40 mois. Ce qui peut éviter bien des déboires dans la relation tripartite loueur, entreprise et utilisateur.

Pas seulement pour les loueurs

Il va de soi que si la remontée de l’information de kilométrage est utile aux loueurs, elle l’est tout autant aux chefs d’entreprise qui gèrent eux-mêmes leurs véhicules et doivent aussi programmer les révisions et les remplacements. Elle permet de “relever les compteurs”, sans qu’il soit nécessaire de demander, de relancer ou pire d’essayer de contrôler incidemment…

Station Total Acess

La carte carburant contribue ainsi à “la fluidité des rapports sociaux”. Il est en effet possible de ne s’inquiéter qu’à bon escient, par exemple quand la voiture d’un collaborateur consomme notoirement beaucoup plus que celles de ses collègues ou quand une “deux places” (exempte de TVS et de TVA et donc en principe destinée exclusivement à un usage professionnel) fait trop souvent le plein le vendredi “et” le lundi.

Et sur ce point, mieux vaut prévenir car la potion du Dr Bercy peut s’avérer amère, surtout si elle est appliquée à un engin quelque peu ostentatoire dont l’immatriculation en VU dérivé de VP ne semble pas d’une exigence professionnelle évidente. Bien sûr ce que peut ainsi observer aisément le chef d’entreprise sera également limpide en cas de contrôle, d’où l’intérêt d’organiser la limpidité plutôt que d’essayer de se retrancher derrière une confusion comptable qui ne peut qu’exciter la curiosité.

Pas une carte de réduction

Si la carte carburant est un remarquable outil, de comptabilité, de suivi, de contrôle, de prévision, bref de gestion, elle n’est pas à proprement parler, une carte “de réduction”. Ne rêvons pas, elle n’assure pas une remise de 30% à la pompe et ne rétablit pas les vielles pratiques du règlement à 90 jours fin de mois.

En règle générale, les GMS (Auchan, Leclerc Intermarché) facturent sur la base du prix affiché à la pompe lors de l’enlèvement. Les pétroliers intègrent souvent ce que l’on pourrait assimiler à une notion de prix plafond. Ainsi chez Total avec l’offre Axeane, le prix retenu est le prix le plus avantageux pour le client, c’est-à-dire soit le prix affiché à la pompe, soit au maximum, un prix barème (ce prix barème étant défini par Total comme “la moyenne nationale des prix en stations en France” pour tous ses clients).

Carte Energeo Leclerc

Pour la carte GO the easy way (BP/Agip) le prix facturé est : soit le prix affiché en station s’il s’avère plus avantageux pour le client, soit un prix résultant du “tarif officiel régional” (défini par Delek, la société de distribution) déduction faite d’une remise négociée en fonction des volumes. En fait, comme nous l’écrivions plus haut, la carte n’apporte pas de réelle réduction sur un prix affiché dès lors qu’il est déjà très compétitif, elle peut au mieux plafonner à le prix facturé à un “certain niveau” si le prix affiché n’est pas des plus séduisants… d’où l’intérêt de regarder le prix affiché.

De plus, si on peut considérer qu’une carte carburant génère des économies en aidant à détecter ce que l’on appelle pudiquement les “dérives” elle a néanmoins un “coût de gestion”, facturé de manière transparente, ou plus ou moins dilué dans le gazole.

Que coûtent les cartes (abonnement et frais)

Le coût d’usage des cartes peut comprendre deux éléments apparents, l’abonnement et les frais de gestion, qu’il convient naturellement de relativiser en regard du temps gagné par l’entreprise grâce à l’externalisation effective des tâches de gestion. Certains acteurs font payer un abonnement par carte. Il est par exemple de 30€HT/an chez Auchan, de 9€HT pour 18mois chez Leclerc ou encore de 5€HT par an chez Intermarché mais gratuite la première année.

Toutefois Auchan ne compte pas d’autre frais de gestion, Leclerc facture 3 centimes/litre, mais 1 centime seulement pour les enlèvements effectués dans une station définie dite préférentielle, et Intermarché applique 2% sur le CA TTC. La carte Total GR est à 3€HT/mois accompagnée de frais de gestion à 1,5% sur le carburant. La carte GO the easy Way (BP/Agip) est gratuite, la facturation portant sur la gestion internet à 0,55€/TTC mois.

Carte GR Total

Si on considère par exemple une automobile qui consomme par an 3000€ de gazole soit un peu plus de 2000 litres (pour 30000km/an avec une consommation de 6,5 à 7litres, et on y est à peu près) la carte Leclerc revient alors entre 25 et 65€/an (carte et frais), chez Intermarché on sera à 60/65€, chez Auchan toujours à 30€HT, chez Total à environ 80€, et chez GOthe esasy way, dans notre exemple, aux alentours de 6,6€.

Les offres étant formulées différemment selon les réseaux, ce petit calcul n’a pas la prétention d’un comparatif rigoureux. Il entend seulement situer l’ordre de grandeur du coût des cartes en regard d’un autre critère : le prix du litre de gazole qui lui peut varier couramment d’une dizaine à une quinzaine de centimes entre les prix “moyens” et les prix les plus attractifs. Sur ce chapitre, à 2000 litres par an, le delta peut cette fois s’estimer entre 200 et 300€ par véhicule.

Facturation et encaissement

Autre incidence à considérer, les délais de facturation et d’encaissement. Les us et coutumes prévoient très souvent pour l’usage d’une carte carburant, une caution ou un dépôt de garantie équivalent à un mois de consommation. Les facturations s’effectuent à quinzaine ou mensuellement, et les règlements (souvent demandés par prélèvement automatique) à facturation, ou dans un délai de 5 ou 20 jours.

Est-il possible de négocier ? On pourrait penser que selon que vous prenez deux ou 2000 cartes et selon que votre bilan est pâlot ou prospère, rouge vif ou d’un beau vert printanier, l’appréciation du dossier soit susceptible de s’assouplir. Mais la plupart des acteurs tiennent des raisonnements similaires, évoquant l’importance du risque d’un éventuel incident de paiement et l’importance relative de l’encours en regard de leurs marges.

Seul, Intermarché fait de l’absence de caution, un argument commercial affiché. Toutefois nous précise Eric THEIS : “C’est un avantage que nous consentons aux entreprises de plus d’un an d’exercice à condition bien sûr qu’elles ne soient pas gravement dans le rouge. Nous avons une appréciation assez fine de la solvabilité de nos clients, car avant que nous mettions en place la Carte Pro, la plupart des stations du groupement Intermarché avaient déjà ouvert des comptes aux TPE et aux PME de leur région, mais on restait dans une logique de proximité et d’accords locaux.

Dans un premier temps, nous avons transformé ces comptes clients en proposant la Carte Pro qui normalisait et optimisait les conditions commerciales et le service. Mais surtout, permettait d’ouvrir à nos clients l’accès à l’ensemble de notre réseau national au fur et à mesure que nous les équipions nos stations. Elles seront 1200 à la fin de ce mois d’octobre.”

Carte Intermarché

Cette question de caution s’apprécie bien sûr selon la situation de trésorerie de l’entreprise. Pour une vingtaine de véhicules à la route, un mois de consommation peut se chiffrer, sur les bases déjà évoquées, aux alentours de 5000€, une somme que le chef d’entreprise préférera souvent, en allumant son écran chaque matin, contempler au crédit de son compte bancaire. Quoi qu’il en soit, si caution il y a, elle sera, là encore, plus aisée à gérer que des avances sur frais individuelles consenties à chaque collaborateur.

www.prix-carburants.economie.gouv.fr

Quand on en vient à convenir de l’intérêt pratique des cartes carburant, en ayant à peu près évalué leur coût de fonctionnement, on arrive inévitablement au critère de choix apparemment le plus limpide mais pas forcément le plus simple : le prix du litre de gazole affiché à la pompe. Les GMS en ont fait un outil de promotion qu’ils gèrent magistralement. Thierry FORIEN directeur adjoint de Siplec (Leclerc) en convient volontiers “C’est le seul prix que nous affichons sur un totem en chiffres lumineux à l’extérieur de nos magasins et dans le contexte de concurrence de notre profession, il a valeur emblématique.

De plus, la libéralisation du prix des carburants intervenue en 1985 a été l’un des nombreux combats menés par Edouard Leclerc en faveur du consommateur, c’est un chapitre de l’histoire de notre groupement et de son identité.” Pour savoir au jour le jour “qui est le moins cher”, il existe une multitude de sites, et notamment www.prix-carburants.economie.gouv.fr, dont l’impartialité ne semble pas contestable puisqu’il dépend du ministère de l’économie et affiche pour chaque type de carburant, département par département, les tarifs pratiqués dans chaque station.

On constate alors que les cinq ou dix premiers de chaque département se tiennent souvent à quelques millimes et qu’environ un quart des stations de chaque département ne sont séparées que de deux, trois ou quatre centimes. Si on retourne sur ce même site quelques jours plus tard, le classement a parfois varié selon les dates de livraisons et de mise à jour du site, et les prix également selon le cours du brent et la parité euro-dollar du moment, mais dans le premier quart des stations les plus concurrentielles on retrouve souvent les mêmes.

Si l’une de ces stations-là est devant la porte de votre entreprise, et que tous vos véhicules passent par le siège tous les jours ou presque, le choix de votre carte carburant ne sera pas trop compliqué. Un ou deux euros par plein, ça ne justifie pas de consommer un litre pour traverser la ville, et de perdre une demi-heure.

Densité et proximité des stations

En revanche le problème se corse si votre entreprise est géographiquement dispersée en une quinzaine d’agences régionales, il devient alors intéressant de regarder la densité des réseaux et leur implantation de plus près, et de regarder également tant l’homogénéité du réseau que l’homogénéité des prix dans un même réseau.

Par exemple les Leclerc, ce n’est pas une découverte, se placent souvent dans les premières lignes, la carte Energeo permet d’accéder à 530 stations mais si on compte par exemple 25 stations dans le Finistère on n’en compte qu’une dans les Alpes de Haute Provence, nul n’est parfait. Le réseau Auchan/Simply est moins nombreux (170 stations) et absent d’une trentaine de département tout en étant très dense dans les grandes métropoles et dans certaines régions mais si les prix des sites

Auchan sont parmi les plus attractifs, les prix des Simply (souvent des moyennes surfaces) le sont parfois un peu moins…”La carte d’Auchan est basée sur un principe de transparence”, tiennent à souligner Bruno Lipczak responsable Carte Pro et Virginie Havet, manager des ventes. ”Nous avons un tarif d’abonnement (de 30€HT/an par cate, avec facturation téléchargeable sur internet) ensuite le prix facturé sera strictement le prix affiché à la pompe au moment de l’enlèvement, sans aucun frais de gestion en supplément. De même nous nous ne livrons qu’une seule qualité de gazole, et donc un seul prix pour une qualité optimum additivée.”

Le réseau Intermarché s’avère particulièrement dense puisqu’un millier de stations de Mousquetaires (Intermarché, Netto ou lRoady) acceptent la carte, et qu’il en est prévu 1200 avant la fin de l’année. Souvent ce réseau place plusieurs de ses stations parmi les prix plancher de leur département mais tous les magasins n ‘ont pas la même agressivité ou pas au même moment. Les clefs de la compétitivité d’une station de GMS tiennent en effet soit au volume de carburant, soit la taille du magasin, un hyper aura donc souvent une capacité concurrentielle plus constante qu’une surface moyenne.

Les pétroliers de moins en moins “traditionnels”

Les réseaux traditionnels ont aussi une logique de volume essentiellement variable en fonction de leur emplacement. Statistiquement elles délivrent unitairement en volume presque moitié moindre que celui des stations de GMS mais ce n’est qu’une moyenne plombée notamment par des stations rurales qui s’apparentent parfois à un véritable service public.

Toutefois, les réseaux dits traditionnels ne sont pas toujours si traditionnels qu’on le croit. La carte Total GR permet, c’est notoire, d’accéder à près de 4000 stations en France (Total , Elf et Elan) et la proximité a un prix : éviter un détour pour faire le plein c’est quelquefois gagner un précieux quart d’heure et une vingtaine de kilomètres de consommation, parfois davantage. De plus si les tarifs des stations Elf à prix discount rivalisaient déjà avec ceux des GMS, Total est en train de structurer un réseau Total Access (intégrant en partie l’actuel réseau Elf et en partie certaines stations Total qui vont être adaptées au nouveau concept).

Ce réseau Total Acccess doit compter fin 2013 environ 600 stations, toujours avec boutique et service, mais avec des carburants prix discount. Et sur le fameux site carburants.gouv, on s’aperçoit que les 160 premières stations Total Access sont aussi dans les toutes premières lignes, parfaitement concurrentielles avec les GMS les plus pro-actives. De quoi enrayer sans doute certaines envies de changement de carte.

“L’offre Axeane, que nous avons lancée en janvier 2012, est basée sur un système mixte”, explique Agnès Robin responsable marketing cartes Pétrolières chez Total. “Ce système retient le meilleur prix pour le client : soit le prix barème national, soit le prix affiché à la pompe s’il est inférieur à ce prix barème. Cette offre Axeane reçoit un excellent accueil des PME, qui auront à leur disposition fin 2013 un réseau de 600 stations Total Access tous en restant assurées d’une proximité exceptionnelle grâce aux 4000 stations de l’ensemble de nos réseaux qui acceptent la carte GR.”

La carte GO the easy way émise par le pétrolier Delek qui a repris en 2010 le réseau BP France, est acceptée dans le réseau français de BP, mais aussi par dans les stations françaises Agip, soit au total environ 400 stations en France (ainsi que dans les 400 Texaco du Benelux qui appartiennent aussi à Delek). On sait par ailleurs que Delek est en cours de négociation pour la reprise de 46 stations du réseau Esso Express.

Comment Delek intégrera ces stations Esso, seront-elles destinées à intégrer une offre discount dans la carte GO ? Il est trop tôt pour anticiper, l’accord n’étant pas finalisé. Toutefois on perçoit bien une certaine évolution des stratégies dans ces réseaux dits traditionnels qui ne garderont peut-être pas la totalité de leurs 6500 stations actuelles, mais qui semblent décidés faire en sorte de conserver au moins leurs 32% de part de marché.

Les autoroutes : un autre modèle économique

Pour compléter ce tableau, il faudrait aussi considérer la question des stations autoroutières, où chacun l’aura remarqué le carburant n’est pas spécialement bon marché. Là, les pétroliers tiennent encore largement le haut du pavé avec environ 400 stations sur 430 (Carrefour en a 20 et Leclerc 9 et probablement dix en Janvier prochain avec celle de Valence sur l’A7).

Ces stations ont un modèle économique plus banalisé basé sur leurs recettes directes de carburant mais aussi de boutique pour une part substantielle. Mais leur exploitation est chargée de redevances et leur concession est attribuée pour 15 ans ce qui limite le temps d’amortissement des installations.

Si le concessionnaire perd sa place lors du renouvellement, il repart les mains dans les poches. Difficile dans ces conditions de faire dans le discount. Si on en voit rarement fermer, ce qui tendrait à prouver que la situation est néanmoins satisfaisante, on constate aussi que sur les autoroutes les plus récentes, leur densité est plus faible avec souvent une seule station accessible dans les deux sens pour rentabiliser les installations.

Bondées lors des week-end, des ponts et des grands départs, elles ont essentiellement une clientèle de professionnels en cours de semaine. Là l’enjeu des cartes carburant est majeur, mais nos automobiles ont des autonomies de plus en plus importantes, couramment 800km voire d’avantage, et de moins en moins de professionnels utilisent la voiture pour des étapes non-stop de cette importance, donc ils sortent… et font parfois le plein ailleurs, d’autant que même en terre inconnue, le GPS ou le smartphone, les mène tout droit vers une station voisine qui accepte leur carte.

Le duo efficace : carte et GPS

La développement des GPS embarqués et la multiplication des smartphones pourraient d’ailleurs désormais fortement influencer la distribution des carburants et l’utilisation des cartes carburant en rendant moins prégnante l’exigence de proximité et en permettant de programmer le prochain plein. De plus en plus d’applications proposent de calculer ses itinéraires, ses pauses, et donc ses pleins de carburant sans nécessairement attendre que la jauge clignote.

Pourvu que le système indique aussi les prix affichés la concurrence va devenir de plus en plus rude… et favorable au client. Si on ajoute les avantages de suivi de gestion de parc évoqués dans la première partie de cet article, on arrive à une conclusion logique : prenez une carte carburant, prenez là chez le fournisseur dont le réseau et la structure de prix correspond le mieux à votre activité et à vos déplacements, mais prenez en une.

Dossier réalisé par Etienne LESSAGE

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