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PNEUMATIQUES à surveiller de près

jeudi 20 juillet 2017, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

1 : Les entreprises disposent d’un choix de prestataires pneumatiques de plus en plus important. Le rôle de conseil prenant en compte les conditions d’utilisation des véhicules reste essentiel.

2 : Les finitions business permettent de disposer de pneumatiques de dimensions inférieures ce qui a un impact direct sur le coût de détention de ces modèles. Il convient d’étudier de près les différentes montes pneumatiques

3 : Les pneumatiques peuvent représenter une dépense importante pour l’entreprise. Pour réaliser des économies, la première chose à faire est une surveillance régulière des pneumatiques, de leur état et de leur pression.

4 : Les pneus toutes saisons de tous les manufacturiers et le Cross-Climate de Michelin peuvent permettre de réaliser des économies du fait qu’il est possible de les conserver à longueur d’année hors « régions blanches ».


Quelle est la part des entreprises dans le marché français du pneu ?

Les entreprises et leurs collaborateurs ont besoin de se déplacer quotidiennement Seul lien entre les véhicules et la route, le pneumatique joue un rôle essentiel, généralement ignoré ou sous-estimé. Quelle est la part des ventes aux entreprises sur le marché français des pneumatiques ?

« Il est difficile d’estimer le volume précis des ventes de pneumatiques aux entreprises ; cela dépend des différents canaux de distribution. Globalement, le marché des pneus est stable en France, en volume, avec une dégradation du chiffre d’affaires » explique Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « Les entreprises, y compris les flottes et les loueurs, représentent environ 8 millions de pneumatiques sur 38 millions de pneus de remplacement. Ce marché est globalement stable. Ce relativement faible volume s’explique en partie par le fait que les véhicules utilisés par les entreprises, notamment dans le cadre de la LLD, sont plus récents et renouvelés régulièrement, tous les 36 mois environ » affirme Cyril Caillol, responsable réseau de montage et flotte d’entreprise chez Allopneus.com.

« Selon nos estimations, les ventes à entreprises, VP et VUL, représentent entre 5 et 7 millions de pneumatiques par an » précise à son tour Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « Je suis d’accord avec le volume estimé, mais le marché est plutôt à 32 millions qu’à 38. Concernant les entreprises, elles disposent en effet de véhicules récents par rapport à l’âge moyen du parc total. Dans le même temps, si leurs véhicules parcourent en moyenne 42 000 kilomètres par an, cela représente trois fois le kilométrage annuel de l’automobiliste français.

Cela étant, il faut regarder de plus près les conditions d’utilisation et de roulage des voitures. Un commercial qui va parcourir 100 000 kilomètres par an sur autoroute ne va pas user ses pneus. En revanche, en région montagneuse ou en ville, les pneus vont être usés plus rapidement » ajoute alors Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +. Un point de vue partagé par Jérôme Juanchich, responsale grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin : « Les flottes qui roulent beaucoup dans le cadre d’un usage autoroutier n’usent pas beaucoup les pneumatiques. A contrario, en montagne, la consommation va être plus forte. Il convient donc de bien cibler l’utilisation des véhicules dans l’entreprise et de prendre en compte le rendement kilométrique des différents pneumatiques ».

Jusqu’où user ses pneus ?

Faut-il user ses pneumatiques jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la limite des témoins d’usure de 1,6 mm, ou les renouveler avant ? « Il faut être pragmatique. La limite de la loi est effectivement de 1,6 mm et nous en voyons encore beaucoup chez les particuliers et, parfois, chez les professionnels, cela peut entraîner un refus de la part du loueur. Le plus simple est de suivre les recommandations des manufacturiers qui sont, en général, de 3 mm pour les pneus été et de 4 mm pour les pneus hiver » affirme Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France.

« Nous ne sommes pas du tout dans cette démarche. Nous sommes un fervent défenseur de la limite de 1,6 mm. Michelin garantit les performances de ses produits du premier au dernier kilomètre, jusqu’au niveau d’usure légal, ce qui n’est pas le cas de tous les manufacturiers. Cela permet de respecter la nature et de limiter les émissions de CO2 en toute sécurité. Bien entendu, pour que ces performances se maintiennent jusqu’aux 1,6 mm, il faut une usure régulière ce qui sous-entend notamment un contrôle régulier de la pression des pneumatiques » affirme, à son tour, Jérôme Juanchich, responsale grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

« En ce qui concerne GoodYear Dunlop, nous préconisons un niveau d’usure maximal de 1,6 mm pour les pneus été et de 4 mm pour les pneus hiver afin de conserver les performances » souligne Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France.

« Il est évident que l’utilisateur de la voiture ou de l’utilitaire doit être sensibilisé à l’usure des pneumatiques. C’est le rôle du responsable de parc de sensibiliser les collaborateurs au contrôle régulier de l’usure et de la pression des pneumatiques » précise Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« Il faut prendre soin des pneumatiques car ils sont à la source de réelles économies pour l’entreprise. Prendre soin de ses pneus, c’est gagner de l’argent ; plus on s’en occupe, plus c’est rentable, sans même parler de l’aspect sécuritaire » rappelle Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +.

« La question fondamentale est de savoir si l’entreprise et ses responsables sont prêts à accepter la dégradation des performances de pneus sachant que leur responsabilité peut être engagée en cas d’accident » renchérit Philippe Cartoux.

« Michelin a mis en place une formation auprès de tous les réseaux professionnels du pneumatique et une charte qualité spécifique. Cela permet aux utilisateurs d’avoir des conseils techniques de qualité dans ces réseaux » affirme Jérôme Juanchich. « La différence entre les réseaux indépendants et les réseaux de marques des constructeurs c’est que nous avons une propre vision des besoins des clients et que nous apportons un maximum de services aux utilisateurs : proximité, conseil, services homogènes, ce qui n’est pas le cas pour les intervenants qui ne font pas partie d’un réseau » ajoute Cyril Caillol.

« Le pneu est et reste une des principales raisons d’entrée en atelier dans les réseaux » souligne Catherine Dumoutier. Un point de vue partagé par Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France : « Le pneu est dans le top 2 des raisons d’entrée en atelier avec la vidange. Il y a néanmoins encore des progrès à faire ; si les pneus ont une usure régulière, il n’y a pas, par exemple, de contrôle de la géométrie qui peut quand même être nécessaire et entre dans le champ de la sécurité des véhicules ».

Un âge limite ?

Outre le kilométrage et l’usure liée à l’usage, y-a-t-il un âge limite pour le montage ou l’utilisation des pneumatiques ? Est-il intéressant d’acheter des pneus pour les monter ultérieurement ? « Le principal problème lié à l’âge des pneumatiques est le vieillissement de la gomme, qui sèche. Cela se caractérise par des craquellements en surface. Il convient alors de changer les pneumatiques ou de ne pas les monter en cas de stockage prolongé dans de mauvaises conditions. Cette durée est difficile à estimer car elle est directement liée aux conditions de stockage et aux variations climatiques » explique Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« Il convient, là encore, de vérifier régulièrement la pression pour éviter une usure prématurée des pneus. De façon plus générale, nous faisons tourner régulièrement les stocks de pneus chez les distributeurs pour éviter de vendre des pneus trop vieux » souligne Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « En ce qui concerne Speedy, nous ne vendons pas de pneus de plus de cinq ans pour éviter ce genre de problème » sourit Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France.

« Il y a un problème lié à la législation française qui permet de commercialiser un pneu de n’importe quel âge. Sur tous les pneus, le marquage DOT permet de savoir à quelle date a été fabriqué le pneumatique mais il n’y a aucun contrôle ni aucune contrainte liée au DOT. Le pneu est une matière vivante. Une fois encore, le contrôle régulier des pneumatiques, avec un passage régulier chez des professionnels du pneu, est essentiel » rappelle Jérôme Juanchich, responsale grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

Evolutions de la taille des pneus

Ces dernières années les automobiles ont vu la taille des pneus augmenter régulièrement. Cette évolution est-elle encore avérée ? Comment appréhender les nouveaux pneus « tall and narrow » (grand et étroit en français) à l’exemple de ceux montés sur le nouveau Scénic ?

« La tendance actuelle est plutôt à la diminution de la taille des pneus, notamment sur les versions business. Cela répond à une demande spécifique des entreprises pour pouvoir disposer de pneus moins chers sans dénaturer les performances de la voiture. Quant à l’augmentation de la taille des pneus constatée dans le passé, elle s’explique par l’augmentation de la taille des voitures et des besoins liés aux trains roulants qui vont avec. Actuellement, il y a une diminution du poids des voitures ce qui entraîne une limitation de la taille des jantes et des pneus » explique Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France.

« L’arrivée des pneus « tall and narrow » s’explique par le besoin de satisfaire aux normes Euro 6. Ce type de pneu offre moins de résistance au roulement, un moindre échauffement ce qui rejaillit directement sur le niveau de consommation de carburant et donc sur les émissions de CO2 » expose Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « Cela a d’autres vertus comme une meilleure performance concernant l’aquaplaning » souligne Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« Ces pneus sont également moins sensibles à l’usure. Cela étant, la voiture doit être conçue dès l’origine pour ce type de pneus. Sur le Scénic, il y a trois manufacturiers référencés. GoodYear a développé des pneus été, toutes saisons et hiver pour le Scénic. L’intérêt pour le constructeur et l’utilisateur est de pouvoir baisser les consommations et les émissions de CO2 sans compromis sur l’adhérence et le comportement routier. Quant au prix de vente des pneus de remplacement, ils sont équivalents à ceux de pneus de 16 ou 17’’ » affirme Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France.

« Pour la première fois, il n’y a qu’une seule dimension quel que soit le modèle ou la version du Scénic. Cela a des conséquences positives sur la consommation ou la tenue de route sur chaussée mouillée. Il y a effectivement eu un vrai partenariat entre le constructeur et les manufacturiers dès la conception de la voiture » confirme Jérôme Juanchich, responsable grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

Libre choix de la marque de pneus

Est-il possible de choisir la marque de ses pneus lors de l’acquisition du véhicule par l’entreprise ? « Certains loueurs laissent le choix de la marque de pneumatiques, d’autres non. Mais même si ce choix est possible, les loueurs privilégient les manufacturiers de renom et les marques premium » explique Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« Par principe, nous respectons ce que le loueur souhaite. Au niveau du gestionnaire de parc, à partir du moment où il reste sur des marques premium, la différence est très faible » explique à son tour Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +. « Si le parc est de petite dimension, il est plus simple de tout « donner » au loueur en association avec un contrat pneumatique » souligne Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « Si les gestionnaires faisaient la différence qui peut exister entre les différentes marques et les rendements kilométriques des pneus, cela pourrait être pour eux une vraie source d’économies » tempère Jérôme Juanchich, responsale grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

« Il n’y a pas que le produit à prendre en compte. C’est l’ensemble des services proposés qu’il faut considérer » ajoute Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « L’avantage avec les enseignes indépendantes comme Profil +, c’est que le gestionnaire de parc peut disposer d’un ensemble de services mais qu’il a aussi toute liberté de choisir les pneus les mieux adaptés à sa flotte. Il est aussi possible de bénéficier de visites de parc sur site, à l’image de ce que nous proposons pour les poids lourds » sourit Arnaud Ledun. « Ces visites ont l’avantage de permettre un contrôle régulier des pneus, à commencer par la pression » renchérit Jérôme Juanchich.

Pneu toutes saisons ou pneus été/hiver

Les entreprises ont-elles intérêt à choisir des pneus toutes saisons ou le mix été / hiver ? Quels sont les avantages et inconvénients de ces deux formules ? « 

Aujourd’hui, le pneu toute saison permet de disposer de pneus performants même en cas de changements climatiques, y compris dans une même journée. Cela étant, ce type de pneus n’est pas adapté aux « zones blanches », celles où les conditions hivernales sont extrêmes. Dans ce cas, la bonne solution, c’est le mix pneus été / pneu hiver pour disposer des meilleures performances compte tenu des conditions climatiques. Le marché évolue et, d’ici deux ans, il y aura vraisemblablement autant de ventes de quatre saisons que de pneus été » explique Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« En plus des conditions climatiques, il faut aussi prendre en compte le kilométrage annuel parcouru. S’il est supérieur à 42 000 kilomètres par an, mieux vaut choisir les pneus été et hiver pour disposer de pneus récents et adaptés aux conditions climatiques en permanence. Il faut aussi rappeler que les pneus toutes saisons ne sont pas la même chose que les pneus été, ce que peu d’utilisateurs ou de gestionnaires de parc savent. Les pneus hiver représentent environ 20 % des ventes flottes chez nous » précise Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « L’autre avantage de choisir les pneus été et pneus hiver est que cela implique un contrôle des pneus lors des changements de montes » tient à souligner Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +.

« Les pneus toutes saisons disposent du logo 3PMSF, qui est une norme européenne et qui certifie que le pneu a été développé et testé pour assurer une bonne traction sur la neige » ajoute Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « Michelin a une démarche identique avec les pneus toutes saisons mais aussi une nouvelle approche avec le Cross Climate qui n’est pas un pneu toutes saisons mais un pneu été avec une technologie hiver ce qui lui permet d’offrir des performances identiques à celles d’un pneu été, y compris le rendement kilométrique, tout en offrant un bon comportement en conditions hivernales pour une différence de prix d’environ 10 à 15 % seulement. Le Cross Climate évite donc le changement de pneus même si la solution pneus été / pneus hiver reste la plus performante dans les zones blanches » expose Jérôme Juanchich, responsale grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

« Le problème c’est que pour l’instant, le Cross Climate n’est pas disponible à l’achat du véhicule, ce qui limite logiquement son développement sur le marché de la rechange » tempère Arnaud Ledun. « Cela est en train d’évoluer. Le Cross Climate est désormais disponible en première monte sur les Peugeot 3008 et 5008 business, en 17’’. C’est aussi le cas sur l’Opel Astra Business et l’Audi Q5. La demande en première monte évolue et il y a de plus en plus de demande de la part des flottes » rétorque Jérôme Juanchich. « Certains loueurs nous demandent un changement de pneus le jour même de la livraison de la voiture en faveur de pneus quatre saisons ou de Cross Climate » confirme Cyril Caillol.

« Si la voiture n’est pas équipée en première monte, la rentabilité est plus difficile à trouver. Il faut aussi prendre en considération l’utilisation et le rayonnement géographique des collaborateurs. Sur un parc très hétéroclite et assurant beaucoup de déplacements sur toute la France, la permutation été / hiver est préférable. C’est un système simple, performant et vertueux. Sur un parc local, dans des conditions météos clémentes, il peut en aller autrement » précise Arnaud Ledun.

Conserver sa mobilité

Un véhicule immobilisé est, pour l’entreprise, synonyme de perte d’activité. Les pneus « Run Flat » permettant le roulage à plat, peuvent aider à se sortir d’un mauvais pas en cas de crevaison. Comment évolue la demande des professionnels pour ce type de monte pneumatique ? « Il y a une légère augmentation de la demande sur ce type de pneumatique. Il faut aussi souligner le fait que nous proposons une technologie permettant le roulage à plat pour des enveloppes non prévues pour cela à l’origine, ce qui représente une réelle innovation » expose Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France.

« La démarche de Bridgestone avec son pneu de rechange DriveGuard qui assure 80 kilomètres de roulage à 80 km/h après crevaison est très intéressante. Il faut aussi rappeler que les réseaux professionnels, comme Profil +, sont capables de réparer, sous certaines conditions, les pneus après crevaison, ce qui représente un intérêt économique pour les entreprises. Avec les run flat, la crevaison est synonyme de remplacement d’un voire deux pneus en fonction de l’usure » souligne Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +.

« C’est aussi le cas avec les kits anti-crevaison. A partir du moment où le pneu a été rempli avec la bombe, il faut, au mieux, remplacer un pneu, plus généralement deux. C’est aussi pour cela que les entreprises tiennent à la roue de secours, généralement présente sur les versions business. Cependant, la tendance à est la disparition à la roue de secours et même du kit anti-crevaison. En cas de crevaison, il faudra de plus en plus souvent faire appel à l’assistance, comme Opel OnStar » précise Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France. « C’est pour cela que nous offrons aussi l’assistance à tous nos clients au travers du pack mobilité, y compris les professionnels » renchérit Arnaud Ledun.

Les pneus plus chers

Plusieurs manufacturiers ont annoncé une augmentation des prix de leurs pneus récemment. A quoi cela est lié ? S’agit-il d’une tendance de fond ? « C’est le barème de facturation, ou le prix catalogue, des pneus qui a augmenté dernièrement » explique Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +. Selon Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com, « c’est l’augmentation du prix des matières premières qui explique cette hausse du prix catalogue des pneumatiques ». « Principalement l’acier et le caoutchouc, deux composants essentiels d’un pneu » confirme Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « C’est d’ailleurs difficile à comprendre parce que même le prix du caoutchouc synthétique a augmenté malgré la baisse du prix du pétrole que l’on a connu » confirme à son tour Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France.

« C’est tout un ensemble de différents éléments, dont ceux déjà évoqués, qui expliquent cette augmentation du prix des pneus » affirme Jérôme Juanchich, responsable grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin. « Cela étant, le prix du pneu n’est qu’une toute petite partie du métier et n’est pas forcément un problème. Dans d’autres secteurs que l’automobile, comme le poids lourd ou les véhicules agricoles, le prix des pneus n’est pas un problème ; ce qui est essentiel, c’est le rendement kilométrique, exprimé en milliers de kilomètres supplémentaires en moyenne que telle ou telle monte peut permettre. Il est essentiel de donner des éléments chiffrés de comparaison et d’avoir un suivi régulier du parc avec, notamment, un contrôle de la pression des pneumatiques » affirme Arnaud Ledun.

Quel réseau choisir ?

Réseau du constructeur, professionnel du pneu, petit garagiste indépendant… Les solutions pour faire entretenir ou changer les pneus des véhicules sont nombreux. Quel type de réseau choisir ? « Le critère de choix est lié au rayonnement de la flotte, ce qui va déterminer si un réseau local, régional ou national est le plus adapté. Cela dépend aussi de l’implication du gestionnaire par rapport au poste pneumatique » explique Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com.

« La force du réseau Speedy est de disposer d’un maillage national avec des outil de suivi pour les flottes » expose Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France. « Un réseau national comme Profil + permet aux entreprises de disposer de services comme la facturation centralisée, la gestion des quotas. Pour les professionnels, le relationnel et le conseil sont aussi des données essentielles. Bien entendu, nous proposons également des prestations d’entretien et de révision des véhicules » souligne Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +.

Quel est l’avenir du pneu ?

Rouage essentiel de la sécurité, le pneu, c’est rond, c’est noir et c’est sale. A l’avenir, quelles évolutions techniques ou technologiques seront disponibles ? « Le pneumatique est désormais connecté. A l’image de ce que nous pouvons proposer dans le domaine du poids lourds, les pneus pourront, à l’avenir, déterminer les conditions d’usage, alerter sur un niveau d’usure via un algorithme prédictif, partager de nombreuses datas. Notre centre de recherche et de développement travaille déjà sur le pneu du futur et cherche à repousser les limites » explique Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France.

« La mesure de la pression des pneus est déjà une réalité. Demain, il sera effectivement possible d’alerter le gestionnaire de parc quant à l’usure ou la nécessité d’être remplacé » confirme Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France. « Le pneu de demain, difficile de savoir ce qu’il sera. Nous travaillons d’ores et déjà sur la réduction des émissions de CO2 et sur les rejets lors du roulage. Nous travaillons aussi sur les bio ressources, notamment végétales » affirme Jérôme Juanchich, responsable grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

« Contrairement à ce que pense beaucoup d’utilisateurs, le pneu est un produit ultra-technologique qui doit répondre à des besoins de performances élevées ainsi qu’à des enjeux environnementaux y compris dans les matériaux employés dont ceux issus de la bio-diversité » confirme Catherine Dumoutier. « Une chose est sûre : face à la complexification de l’offre à venir, la notion de conseil deviendra de plus en plus importante » conclut Philippe Cartoux.

En conclusion

Selon Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com, « le pneu évolue constamment. Dans le cadre de la relation tripartite entre le constructeur, le manufacturier et le réseau, il est essentiel d’avoir du conseil et un relais pour les utilisateurs de ces évolutions. Il faut adapter les spécificités des pneus à l’usage qui va être fait du véhicule. Enfin, la tendance est au développement des services auprès de la clientèle professionnelle ».

« Les entreprises doivent collaborer avec tous les réseaux de distribution qui peuvent avoir un regard sur leur consommation des pneus. Globalement, les gestionnaires de parc ont encore une méconnaissance du pneu à l’image du particulier. Le pneu ne doit pas être considéré comme une contrainte mais comme un élément essentiel de la sécurité. Grâce à la R&D historiquement forte chez Michelin, nous disposons de pneus « à la carte » en fonction des véhicules composant la flotte et leur utilisation future. Sans parler de la longévité proverbiale de nos pneus » explique fièrement Jérôme Juanchich, responsable grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin.

Pour Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +, « la notion de rendement kilométrique est essentielle dans le cadre d’un usage professionnel. Cela permet de gommer l’effet prix de certaines marques. La tendance actuelle est le développement des interventions sur parc à l’image de ce qui existe déjà dans le domaine des véhicules industriels. Nous pouvons opérer une intervention à titre préventif ou curatif là où se trouve le véhicule. Cela est particulièrement intéressant pour les VUL électriques compte tenu de leur autonomie limitée ».

« Le pneu a un impact important dans le TCO d’une flotte. Un réseau multimarque comme Speedy pour les pneus et l’entretien des véhicules est une vraie facilité pour le gestionnaire de parc » affirme à son tour Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France.

Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France, tient à rappeler une nouvelle fois que « le pneu est un produit très technique. Les grands manufacturiers, dont GoodYear Dunlop investissent énormément dans la recherche et le développement notamment au niveau de la résistance au roulement, qui permet aux utilisateurs de faire des économies de carburant et de diminuer leurs émissions de CO2. Nous travaillons aussi beaucoup sur les services autour du pneu au travers de notre réseau Vulco afin d’abaisser les coûts d’exploitation des flottes. Enfin, le pneu de demain, qui est déjà à l’étude, permettra d’envisager une maintenance préventive, à l’image de ce qui existe déjà dans le domaine du poids lourd ».

« Désormais, la différence va se faire sur les services proposés aux professionnels. Depuis plusieurs années, nous avons mis l’accent sur notre offre à professionnels. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur l’après-vente afin de garantir la mobilité de notre clientèle professionnelle » conclut Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France.

Les intervenants de notre table ronde
- Cyril Caillol, responsable B to B et réseau de montage Allopneus.com
- Arnaud Ledun, directeur marketing Profil +
- Philippe Cartoux, responsable catégorie pneumatiques Speedy France
- Nicolas Deslande, manager marketing après-vente GM France
- Jérôme Juanchich, responsable grand compte ligne produit tourisme et camionnette Michelin
- Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France

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